ONE HEALTH : Ces éléments nutritifs de la nature qui soignent les animaux et les hommes

Par : BLEU-BLANC-COEUR

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02/07/2020
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Le congrès virtuel ONE HEALTH a pointé du doigt la semaine dernière les liens existants entre la santé des sols et la santé des hommes. Une nouvelle session d’interventions scientifiques (2ème émission sur une série de 3), nous a permis d’ajouter de l’eau à ce grand moulin de connaissances en mettant l’accent sur les éléments nutritifs qui soignent nos terrains. Le terme terrain est employé ici au sens large : celui dans lesquels sont implantées les végétaux qui nous nourrissent mais aussi notre terrain corporel et cellulaire, temple de notre santé.

Il y a-t-il match entre approche médicamenteuse et nutritionnelle ?

Soigner est une priorité, surtout dans le contexte actuel de crise sanitaire. On cherche trop souvent une force de frappe importante pour se libérer du mal qui nous fait souffrir. L’approche médicamenteuse est alors indiquée car elle a prouvé son efficacité. Mais en surexposant nos organismes à ces agents de défense pharmacologiques, les pathogènes rusés s’habituent à leur présence et cela pose un problème de résistance aux traitements. D’ailleurs, le Dr Jocelyn MARGUERIE, vétérinaire impliqué dans la démarche alter biotique, souligne que ce problème est d’ores et déjà pointé par l’Organisation Mondiale de la Santé comme une cause de mortalité grandissante chez l’Homme. Du côté des animaux, la démédication dans les élevages consiste à mettre en place un plan de prévention des infections avec notamment de bonnes pratiques alimentaires pour créer un cercle vertueux de santé animale. Fabrice HEGRON, éleveur de vaches laitières a d’ailleurs rappelé lors de la table ronde que les paysans disent : « Je vais soigner les bêtes » quand ils vont les nourrir.

Quand il y a infection ou traumatisme, notre corps riposte en créant une réaction l’inflammatoire aigue provoquée par notre système immunitaire. Pr. Philippe LEGRAND, chercheur Inserm spécialiste de l’inflammation, nous explique que ces actions correctives mises en place par notre organisme peuvent parfois être disproportionnées voire délétères : c’est pour cela que l’on utilise fréquemment des médicaments anti-inflammatoires. Il rappelle que l’inflammation peut aussi être insidieuse (à « bas bruit » voire silencieuse dans un premier temps). Le bas bruit inflammatoire s’installe à cause de nos habitudes de vie (alimentation pro-inflammatoire, cigarettes à répétition, stress chronique…) et ce type d’inflammation est fréquemment mis en jeu, notamment dans les maladies cardiovasculaires. En consommant des éléments nutritifs qui ont des facultés de résolution de l’inflammation (les oméga 3 sont forts à ce petit jeu), notre corps s’imprègne d’un bain anti-inflammatoire protecteur et résiste mieux aux perturbateurs pro-inflammatoires du quotidien.

Médicaments et nutriments doivent donc être utilisés de façon complémentaire et raisonnée pour moduler les foudres inflammatoires car l’un a une force de frappe plus puissante mais l’autre est un meilleur défenseur sur le long terme. Il convient aussi d’apporter un soin particulier à l’alimentation donnée aux animaux d’élevage afin de favoriser leur imprégnation en nutriments importants pour notre santé à tous.

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Deux mots d’ordre : densité et diversité

Les choix de production ont un impact sur la composition de nos aliments. Les produits Bleu-Blanc-Cœur ont par exemple une composition en lipides (notamment de type oméga 3) optimisée car les cahiers des ressources imposent une nutrition diversifiée et imprégnée d’oméga 3 pour les animaux d’élevage. Également, Dr. Marie-Josèphe AMIOT-CARLIN, directrice de recherche Alimentation Humaine INRAE, met l’accent sur l’importance de se tourner vers des produits à forte densité nutritionnelle, c’est-à-dire des aliments qui contiennent un maximum d’éléments nutritifs par rapport à leur potentiel calorique. Cette densité nutritionnelle est par exemple élevée chez les fruits et légumes car ils sont sources de vitamines, minéraux, antioxydants et faiblement caloriques. Cependant, pour un même fruit ou légume, selon la variété choisie, la date de semis, le type de fertilisation ou encore le stade de récolte, le contenu en éléments nutritifs (et donc la densité nutritionnelle), peut varier du simple au triple.

Des écarts sont observés entre les régimes alimentaires actuels et ce qu’ils devraient être pour répondre à tous nos besoins nutritionnels et aux enjeux environnementaux. Adopter un régime éco-nutritionnel, c’est se tourner vers des marques ou labels éco-responsables (e.g. Agriculture Biologique pour l’obligation de moyens, Bleu-Blanc-Cœur pour la mesure de la teneur en nutriments des aliments), mais aussi rééquilibrer ses assiettes en faisant la part belle aux végétaux et en consommant les produits carnés de façon mieux réfléchie.

Dr. Fabrice PIERRE, directeur d’une unité de recherche INRAE qui travaille sur la prévention la carcinogénèse dans l’alimentation, a d’ailleurs remis en contexte le potentiel carcinogène des viandes rouges et charcuteries. C’est le fer héminique des viandes rouges qui est principalement mis en cause. Il est intéressant nutritionnellement car facilement assimilable pour répondre à nos besoins en fer, mais pris en trop grande quantité ou dans un bol alimentaire mal équilibré, son pouvoir pro-oxydant devient risqué pour notre santé. C’est là que les légumes denses en antioxydants ou les fromages riches en calcium aptes à chélater le fer (…) sont utiles pour bien accompagner nos viandes. Pierre WEILL, co-président de Bleu-Blanc-Cœur, a d’ailleurs rendu hommage avec humour à nos grands-mères qui étaient sans le savoir d’excellentes nutritionnistes en nous servant le traditionnel bœuf-carottes (aujourd’hui trop souvent remplacé par le burger-frites remplis de calories vides).

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Santé animale et humaine : une pierre deux coups !

Modifier les conduites d’élevage fonctionne pour améliorer le statut nutritionnel des animaux et des hommes. Cela a été mis en place par exemple chez Bleu-Blanc-Cœur avec des rations composées de plantes sources naturelles d’oméga 3, très souvent aussi pourvus en antioxydants. En effet, partant du constat que 63% des français aiment un peu trop la charcuterie par rapport aux recommandations officielles actuelles fixées à maximum 150g/sem, l’équipe de Fabrice PIERRE a montré que le fait d’ajouter des anti-oxydants comme  la vitamine E dans l’auge des porcs permet d’obtenir des charcuteries dont l’effet pro-oxydant du fer héminique est limité tout en conservant ses intérêts nutritionnels…de quoi peut-être faire évoluer les limitations recommandées si cette pratique se démocratise. Denys DURAND, chercheur à INRAE a confirmé que cet effet anti-oxydant est favorisé par la variété des plantes que pâturent les bovins. Quand les animaux sont bien nourris… définitivement, l’homme se porte mieux.

Henri CORNEC, éleveur de porcs Bleu-Blanc-Cœur à l’EARL Cornec (29), rapportera aussi lors de la table ronde qu’en plus d’obtenir des viandes de qualité pour les consommateurs, il a constaté un réel intérêt à améliorer l’alimentation de ses porcs pour leur propre santé puisque 99% des animaux de son exploitation ne voient pas d’antibiotiques de leur vie. Par ailleurs, Fabrice HEGRON, producteur laitier du groupe En Direct des Eleveurs a relevé 4X moins de mammites dans son troupeau que la moyenne nationale. Dominique MARCHAND, vétérinaire du réseau Cristal, est un soutien pour les éleveurs comme Henri et Fabrice, soucieux de la santé de leurs animaux, car il travaille sur le développement d’indicateurs de santé animale. Mais il indique que ces paramètres doivent être facilement mesurables et partageables pour que l’attention portée à ce type de critères se généralise et que les pratiques évoluent. Des innovations allant dans ce sens peuvent être mises en place en élevage et Fabrice nous en donne un bel exemple car En Direct des Eleveurs s’appuie sur le numérique et l’intelligence artificielle pour relever avec précision notamment les paramètres de santé des vaches. Il rappellera aussi évidemment la pertinence de l’œil aguerri de l’éleveur et du contact régulier avec les animaux pour évaluer leur bonne santé.

Pour conclure, grâce aux attentes sociétales et aux enjeux climatiques actuels, nous laissons une place grandissante mais encore non suffisante à l’agroécologie et aux pratiques favorisant l’éco-santé en France. Cette évolution actuelle des modes de production et l’agglomération de toutes les données sans cesse mesurées nous fait nous rendre compte que tout est question d’équilibre (Denys DURAND, INRAE), et qu’il faut sortir des grands modèles actuels pour guider au mieux l’éleveur vers des pratiques bonnes pour la santé de la Terre, des animaux et des hommes.

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Quelques témoignages des participants à cette 2nde session One Health :

« Bonjour à mon confrère Jocelyn Marguerie. Merci pour cette intervention holistique. Enfin la maladie est intégrée dans la globalité des conduites d’élevage et plus la cible exclusive au bout du fusil. Travailler sur l’amont et le bien-être sont les clés du respect de nos animaux en élevage et des consommateurs.

Merci d’avoir mis en avant l’implication des vétérinaires d’élevages souvent occultée. »

« Le plus difficile est de faire passer des messages simples mais exacts . Modifier les choix alimentaires est un travail sur au moins 1 génération. Pas à pas, une évolution sans faire la révolution. »

« Bonjour et merci pour ces interventions passionnantes où l’on comprend bien le lien entre sol animaux et homme. »

« Merci pour cette nouvelle matinée d’échanges ultra enrichissants autour de cet enjeu majeur de santé globale : minérale, végétale, animale, humaine et planétaire ! »

« Merci pour ces présentations. la démarche holistique a du sens au sein des filières mais également pour faire le lien entre les différents acteurs du sol à l’assiette. Superbe série de conférences ! Réfléchir à la santé du consommateur non pas en jouant sur le produit final mais en favorisant des matières premières de qualité… »

Vous n’avez pas pu assister aux différentes sessions du congrès #OneHealth2020 ?

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