Santé humaine

Une alimentation favorable à la santé, par Bernard Schmitt

Par Bleu-Blanc-Cœur

10 minutes   20/11/2017

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Définitions

1. La santé, c’est quoi ?

La Santé, c’est :

  • Une disposition intellectuelle qui se manifeste par le goût de l’action et la faculté de s’adapter (René Dubos)
  • La capacité d’affronter et de façonner le monde environnant de façon autonome (Ivan ILLICH)
  • Un état total de bien-être physique, mental et social (OMS)
  • C’est vivre dignement et avec appétit la capacité « d’exister » au sein de la société (du latin ex-stare, : sortir de son état statique pour se mettre en marche).

2. L’Alimentation, c’est quoi ?

  • De façon générique, c’est tout ce qui apporte à un système consommateur d’énergie le carburant nécessaire à son fonctionnement.
  • Pour le corps humain, c’est la nourriture, prise au sens large du terme : aliments (légumes, fruits, viande, poisson, lait, œufs, etc.), micro et macro nutriments,
  • Mais c’est aussi de l’immatériel : plaisir, bonheur, satisfaction, beauté, diversité partagés : « l’homme ne vit pas que de pain »

3. Favorable

  • Il faut l’entendre dans le sens de « propice à… », avec une notion de bénéfice, de facilitation.

  • Mais ce n’est pas automatique : il faut être conscient de l’usage (attitude positive) des mésusages (attitudes délétères).

  • Mais aussi avec le sens de « qui a la faveur de…», c’est-à-dire d’adhésion à une idée, à un projet : Il ne suffit pas que le sens commun considère que la relation Alimentation-Santé est vraie ou au moins probable : encore faut-il individuellement et collectivement le vivre, le prouver et surtout y contribuer activement.

  • Au-delà des idées et des assertions, nous sommes les acteurs incontournables de notre propre santé (et collectivement de la santé publique).

Au total : rien n’est acquis. Pour qu’une alimentation soit favorable à la santé, il faut retrousser ses manches !

 

Les acteurs

Pour que l’alimentation soit favorable à la santé, il est possible d’identifier trois acteurs principaux : Le consommateur, qui exprime une demande ; La chaine de production de transformation et de distribution agroalimentaire, responsable de l’offre ; Les scientifiques, médecins et pouvoirs publics, responsables de l’avancée des connaissances et des arbitrages.

1. La demande est, par définition, hétérogène et multiple

Tel un catalogue à la Prévert, on peut relever les items suivant :

  • Plaisir, bonheur, satisfaction

  • Santé

  • Naturalité, proximité, traçabilité comme gage d’une alimentation de qualité bonne pour la santé.

  • Bio et autres modes de production « alternatifs »

  • Répondre à des canons et modes esthétiques et comportementales (rôle des média dans les canons d’identification)

  • Références aux classes sociales, aux habitudes familiales, culturelles et ethniques ou religieuses.

  • Désertion choisie ou imposée du repas commensal au profit d’une alimentation nomade.

  • Etc.

Il n’y a donc pas une attente, mais de multiples attentes. Le plus souvent, il n’y a pas non plus d’attente sociétale mais des attentes individuelles. Ceci s’inscrit dans un large mouvement où le consommateur (mais il n’y a pas de consommateur « moyen » ou « standard ») cherche à prendre le pouvoir.  D’où une atomisation de l’attente qui se double d’un scepticisme par rapport à l’offre :  

  • La société ayant perdue sa capacité à donner du sens à l’action et à un projet collectifs (et ceci dépasse largement le simple problème alimentaire) on assiste à l’émergence d’un puissant individualisme qui traduit le doute et  l’insatisfaction, « la faim » de quelque chose à laquelle la société ne sait plus répondre.

  • C’est ce que j’appelle l’instauration d’une EGOCRATIE : Ma santé à moi, mon bien-être à moi… Mon problème à moi… et tant pis pour les autres.

  • C’est sans doute une explication de l’appropriation de l’objet « nourriture » comme épicentre de nouvelles idéologies et religions (L-214, Végans, 369Life, sans viande, sans lait, sans œufs, sans gluten, etc.) qui cherchent à imposer, via l’efficacité des réseaux sociaux (à défaut de l’efficacité pour la santé des régimes proposés), des normes pour l’ensemble de la société, en culpabilisant ceux qui n’y adhèreraient pas.

2. L’offre n’est pas moins hétérogène

  • Agriculture intensive avide, d’intrants (biocides, engrais chimiques, etc.) et de machinisme

  • Internationalisation du marché versus circuits courts, bio, alternatifs

  • OGM

  • Contraintes technologiques industrielles et loi du marché qui contraignent le consommateur et lui imposent des produits standardisés, souvent en décalage avec la demande.

  • Des filières et des produits spécifiques (, Végans, sans gluten)

  • Des modes de production agricoles très diverses,  plus vertueuses (Bio, écologiquement intensive, permaculture, agroforesterie, etc.)

  • Des filières très structurées sur le concept agriculture et alimentation bonnes pour la santé (Bleu-Blanc-Cœur)

Cette hétérogénéité de l’offre que le consommateur ne peut maitriser renforce la défiance (on nous empoisonne, on nous ment,) et le comportement individualiste du chacun pour soi, renforcé par l’amplification des réseaux sociaux. Cette évolution, non seulement favorise l’émergence de ces nouvelles religions alimentaires et de replis sectaires, mais renforcent considérablement l’insécurité alimentaire.

3. L’arbitrage scientifique, médical et politique est également hétérogène.

Le rôle de l’expert est difficile, et pas toujours bien compris ni accepté. Les causes de cette défiance. Ont été décrites par ailleurs. La compétence scientifique est sensée valider la fonction d’expertise, mais la confiance nécessaire du consommateur vis-à-vis du scientifique, du médecin et bien entendu de l’état, est fortement ébranlée par un doute persistant entretenu par :

  • Des avis divergents entre Agences, entre médecins et entre scientifiques. (Refus de la diversité et du débat scientifique, indispensable au progrès des connaissances)

  • Des connaissances évolutives qui mettent de nombreuses années à s’imposer et laissent le champ libre à de nombreuses spéculations.

  • Des conflits d’intérêts réels ou supposés (tous pourris, tous vendus)

  • Des publications émanant de l’industrie, avec des résultats à l’opposé de ceux émanant de la recherche scientifique, destinées à camoufler par un écran de fumée le plus opaque possible les réels risques pour la santé des produits fabriqués.

  • Une vulgarisation souvent insuffisante ou maladroite, le scientifique ou le médecin n’ayant pas forcément le goût ni la capacité de faire de la bonne communication efficace.

  • La règlementation nationale ou européenne est le plus souvent critiquée comme frein à l’innovation et au développement et l’état est jugé complice, ce qui renforce encore la défiance à la fois des consommateurs et des différents acteurs de l’agroalimentaire.

Au total, la question qui se pose, c’est « Quelle cohérence entre ces différents acteurs, pour quelle efficacité d’une alimentation favorable à la santé ?

Quelles exigences minimales pour mettre en place une alimentation favorable à la santé ?

Avoir de bons produits

  • Réflexion sur ce qu’est un « bon » produit alimentaire
  • Equilibré ; Diversifié ; Apportant du plaisir, satisfaisant les besoins métaboliques, mais aussi psychiques, affectifs, oniriques, esthétiques, culturels, etc.

Temporalité

  • Il faut que ce soit bon pour la santé aujourd’hui (court terme)
  • Mais aussi bon pour les générations à venir (long terme)
  • Nécessité d’ancrer dans les habitudes alimentaires par un cadre éducatif et culturel acceptable.
  • En prenant en compte les répercutions épigénétiques transmissibles aux générations futures en fonction du type d’alimentation de la génération parentale.

Accessible au plus grand nombre

  • Et d’abord aux plus démunis, en bas de l’échelle socio-économique et culturelle : c’est cette population, la plus démunie dans ses choix alimentaires qui en a le plus besoin.
  • Lutter contre le « double fardeau nutritionnel » associant dénutrition et obésité.
  • Quelle que soit la diversité et l’hétérogénéité de la demande.
  • Quel que soit l’âge, le mode de vie, le mode de restauration ou la spécificité de la population (personnes âgées, enfants, femmes enceintes et allaitantes, etc.)
  • Avec des contraintes financières compatibles avec ces différentes situations.

En cohérence avec une agriculture et un développement durable

  • Nutritionnellement adaptée
  • Economiquement viable (Produire moins pour produire mieux ?)
  • Capables d’assurer l’autosuffisance alimentaire
  • Compatibles avec les exigences d’un marché ouvert
  • Préservant l’environnement (Pesticides, biocides, GES)
  • Compatibles, voire soutenus par les pouvoirs publics à travers une règlementation adaptée

Prendre en compte les freins à une telle alimentation :

  • La santé n’est parfois qu’un alibi par rapport à d’autres critères (coût, idéologie, etc.) dont il faut également tenir compte.
  • Standardisation des aliments et nivellement par le bas, entrainant une piètre qualité nutritionnelle. C’est la contradiction entre le prix à payer (immédiat) et le coût réel de chaque modèle alimentaire (coût différé payé par exemple par l’assurance maladie pour les pathologies cardiovasculaires, métaboliques et cancéreuses induites).
  • Il est très difficile de changer de comportement, en particulier alimentaire (freins sociaux, culturels, familiaux,  religieux), même si les personnes concernées ont conscience de cette nécessité. Il faut éduquer et enfoncer sans cesse le clou, mais c’est du très long terme).
  • La prise de conscience d’une mauvaise santé liée aux comportements alimentaires et à la sédentarité  est souvent incomplète et très tardive : c’est donc très tôt qu’il faut agir, et cela durant toute la vie, ce qui est une réelle gageure.

    Prendre en compte ces différents éléments ?

    Il convient d’intégrer ces différents éléments dans une vision globale, mais qui soit immédiatement opérationnelle. Il faut en effet faire vite : En termes de santé publique, il y a urgence. Les EGA sont également pressés avec la nécessité d’effets d’annonce immédiats.

    La filière Bleu-Blanc-Cœur peut être un modèle dont on peut s’inspirer : Déjà opérationnelle (elle représente près de 10% du poids économique de certaines filières de production agricole et a généré un CA de 1,5 milliard d’€ en 2016 sur les produits labélisés).

    Un exemple : la filière Bleu-Blanc-Cœur

    On peut rêver et ouvrer à changer les comportements alimentaires et les modes de vie individuels et sociétaux. C’est un vœu louable mais sans doute inaccessible ou en tout cas très lent. Or, a-t-on encore le temps d’attendre ?

    De ce constat est partie l’idée qu’Il est plus facile de faire faire du « régime » aux animaux d’élevage qu’aux patients présentant des troubles métaboliques ou cardiovasculaires.

    L’objectif :

    • concilier la diversité des modèles alimentaires (il n’y a pas de modèle standard français moyen !), les choix individuels, les contraintes budgétaires, la disponibilité de la ressource et l’accessibilité à ceux qui en ont le plus besoin, tout en préservant les grands équilibres écologiques.
    • Offrir une alternative vertueuse au modèle de production agricole actuel.
    • Assoir cette proposition sur une base scientifique solide et incontestable
    • Confirmé par une labélisation encadrée par une double obligation de moyens et de résultats.

    Le principe de base : Une agriculture vertueuse à vocation santé

    • Favoriser la diversité et la rotation des cultures en développant des espèces intéressantes pour la chaine alimentaire : le Lin, mais aussi lupin, féverole, les pâturages naturels)
    • Introduire dans l’alimentation des animaux d’élevage une dose (5 à 10 %) de graines de lin extrudées, riches en AGPI w3.
    • Obtenir ainsi des produits dont la composition, optimisée en oméga-3 est favorable à la prévention et à la prise en charge des maladies dites de civilisation.
    • Favoriser la consommation régulière de ces produits et ceci, sans changement radical des habitudes alimentaires des consommateurs, quelles que soient leur mode de vie et de choix personnel.
    • Maintenir un prix acceptable, dans le cadre de l’accessibilité au plus grand nombre et de l’acceptabilité par rapport aux produits conventionnels.

1. Sur le plan de la santé on assiste, depuis une vingtaine d’année, à un changement de paradigme :

      • La responsabilité du cholestérol est minimisée.
      • Les lipides sont globalement réhabilités.
      • Le rapport w6/w3 est devenu un critère essentiel de la maitrise du syndrome métabolique et    des MCV. Les w3 sont par ailleurs de puissants stimulants et régulateurs du microbiote.

    Nous avons mené, au CERNh différentes études confirmant le bénéfice d’une alimentation BBC vis-à-vis des MCV, du Diabète, de l’obésité, du syndrome inflammatoire de bas grade : A titre d’exemple, Un régime BBC double les AGPI w3 circulants et membranaires en 15j-3s ; 80 g/j de pain au lin fait baisser de 8% les LDL-C et de 35% les TG ; Des produits BBC d’origine bovine (viande, lait, fromage,) versus les mêmes produits standards) abaisse de 30 % la résistance à l’insuline ; Un régime BBC bloque le recrutement des adipoblastes à partir des cellules souches mésenchymateuses et contribue à lutter contre l’obésité et l’inflammation de bas grade.

    2. Sur le plan environnemental :

    • Restauration de cultures d’assolement avec diminution drastique des intrants.

    • Diminution entre 20 et 30 % des émissions de Méthane dans les élevages de bovins. Sans diminution de leur capacité de production laitière.

    • Amélioration de la santé animale avec diminution considérable des zoonoses et des traitements antibiotiques. Quand l’animal se porte bien, les produits qui en sont issus sont de bonne qualité.

    3. Sur le plan agricole, c’est :

    • Un modèle capable de répondre aux défis alimentaires d’aujourd’hui

    • Une réponse alternatives pour une agriculture plus raisonnée et durable

    • écologiquement intensive

    • Idéalement Bio même si le label AB n’est pas obligatoire

    • Vendu à la fois en grande distribution et en circuits courts,

     4. Des reconnaissances officielles

    • Charte d’engagement PNNS (2008)

    • Marque alléguante  par l’EFSA (2009)

    • Inscrite dans les objectifs du PNA (2010)

    • Ministère de l’écologie Méthode officielle de réduction des GES (2011)

    • Méthode officielle de réduction des GES par le PNUE (ONU) (2012)

    • Accords collectifs (Ministère de l’Agriculture) : démarche reconnue pour santé de l’homme liée à l’alimentation

    5. Pour Bleu-Blanc-Cœur®, nous insistons particulièrement sur le rôle fondamental de l’agriculteur comme partenaire de santé. Pour cela, nous valorisons son travail par :

    • Aide matérielle avec reversement d’une partie de la plus-value commerciale des produits labélisés

    • Soutien logistique (Programme Echo-Méthane) et technique

    • Une formation régulière par des rencontres régionales.

    • L’établissement d’une charte « Agriculture-Santé »

    6. Cahier des charges au niveau de toutes les étapes de la chaine alimentaire géré par des collèges spécifiques (production végétale, animale, transformateurs, distributeurs, consommateurs, restauration collective, professionnels de santé, scientifique).

    7. Autres éléments de la dynamique de Bleu-Blanc-Cœur :

    • enseignement et Formation : Interventions au niveau des Agros (Bordeaux, Toulouse, Paris, Rennes, Nancy, Beauvais, Lyon, …), des lycées agricoles, des interprofessions agricoles (Terrena pour la production de Lin, iterprof Porc, poulet, œufs cochon) ; Contrats SIFRE, Plusieurs doctorants /an dans les labos partenaires (université et INRA)

    • Recherche : Plus de 250 publications internationales à comité de lecture en zootechnie et en humain. Dernière étude humaine en cours : Etude « DHA » : dont le but est d’évaluer le développement psychomoteur et adaptatif de l’enfant durant la période des 1000 jours en fonction de la teneur en DHA du lait maternel, selon le type d’alimentation de la mère durant la grossesse et l’allaitement.

     8. Les cibles privilégiées :

    • La restauration collective (scolaire, municipales,  collectivités (La Poste), des Ministères (AURY) hôpitaux et cliniques.

    • Mais des produits ayant fait la preuve de leur bénéfice pour la santé ne sont pas privilégiés et doivent passer par les marchés d’appels d’offre public, malgré le fait que certaines filières dont BBC ont été reconnues d’intérêt nutritionnel et environnemental par l’Etat (PNA)

    • Le « Grand-Public » : Conférences grand public ; organisation de réunions régionales avec les agriculteurs, transformateurs et consommateurs (Marseille, Lyon, Toulouse, Dax, Poitiers…) ; campagne annuelle de communication.

    • Communication ; développement du site internet et d’outils numériques d’aide à l’équilibre alimentaire.

    • Mais la communication est aujourd’hui contrainte par le règlement sur les allégations nutritionnelles et de santé, qui n’intègre pas les changements de pratique agricole visant à améliorer naturellement les aliments dans l’objectif d’améliorer la santé

    • Les professionnels de santé (actuellement plus de 1500 adhérents) qui deviennent de vrais relais et pour lesquels nous organisons des journées de formation.

    • Mais les médecins ne peuvent se prévaloir de leur qualité pour témoigner du bien fondé et de l’efficacité de ce type de démarche bonne pour la santé

    Au total, il semble nécessaire d’avoir une réflexion sur l’évolution du cadre règlementaire permettant à l’avenir de promouvoir une alimentation favorable à la santé.

    Bernard Schmitt.

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